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Temple d’Hatchepsout

Le temple d’Hatchepsout est l’un des monuments les plus remarquables de l’Égypte ancienne. Il se trouve à Deir el-Bahari, sur la rive ouest du Nil, face à Louxor. Édifié au XVe siècle avant notre ère pour la reine Hatchepsout, l’une des rares femmes à avoir régné comme pharaon, ce temple funéraire s’élève en vastes terrasses et longues colonnades au pied de hautes falaises calcaires. Son architecture semble prolonger le paysage naturel.

Histoire de la construction

Hatchepsout appartenait à la XVIIIe dynastie et régna pendant le Nouvel Empire. Elle fut d’abord régente du jeune Thoutmosis III, puis adopta les titres et les symboles du pharaon. Son règne est associé au renforcement de l’État, au développement du commerce, à la construction de temples et aux expéditions lointaines.

Le temple fut construit à Deir el-Bahari, un lieu sacré où se trouvait déjà le temple funéraire de Montouhotep II. L’architecte est traditionnellement identifié comme Senenmout, un haut fonctionnaire lié à l’administration du domaine d’Amon et proche de la reine. Le nom antique du temple, Djeser-Djeserou, est généralement traduit par « Saint des Saints » ou « le plus sacré des lieux sacrés ».

L’architecture des trois terrasses

La caractéristique principale du monument est son organisation en trois terrasses reliées par de longues rampes. Les rangées de colonnes et les lignes horizontales des façades contrastent avec les falaises imposantes qui se dressent derrière le temple. L’ensemble paraît à la fois monumental et harmonieux.

Les niveaux inférieurs comprennent des cours ouvertes, des colonnades et des reliefs décoratifs. La terrasse supérieure conduit au sanctuaire d’Amon, creusé dans la roche. Des statues d’Hatchepsout, notamment sous la forme d’Osiris, se trouvaient dans cette partie. Le complexe abritait aussi des chapelles dédiées à Hathor et à d’autres divinités associées au culte royal et à l’au-delà.

Les reliefs et l’expédition au pays de Pount

Les murs conservent des reliefs représentant des cérémonies religieuses, les origines divines de la reine et les événements importants de son règne. L’un des ensembles les plus célèbres raconte une expédition au pays de Pount, une région commerciale lointaine dont la localisation exacte reste discutée. Elle est souvent rapprochée de certaines régions de la Corne de l’Afrique et du littoral de la mer Rouge.

Les scènes montrent des navires, des habitants, des habitations et des marchandises rapportées en Égypte. On y voit notamment des parfums, des résines, des animaux exotiques et des arbres à myrrhe. Ces reliefs constituent une source précieuse sur le commerce, la navigation et la connaissance des contrées lointaines. D’autres scènes affirment l’origine divine d’Hatchepsout et la légitimité de son pouvoir.

Importance religieuse

Le temple servait de sanctuaire funéraire à Hatchepsout, où des rites devaient être célébrés après sa mort. Il était également consacré à Amon, l’une des principales divinités égyptiennes. Hathor, associée à la maternité, à la protection et au renouveau, ainsi qu’Anubis, dieu des rites funéraires, y étaient également honorés.

Son emplacement sur la rive ouest du Nil correspondait aux croyances égyptiennes sur l’au-delà. L’ouest évoquait le coucher du soleil, la mort et la renaissance. Lors de certaines fêtes, des processions sacrées traversaient le fleuve depuis les temples de la rive est vers les sanctuaires funéraires de la nécropole thébaine, dont Deir el-Bahari faisait partie.

Le temple après la mort de la reine

Après la mort d’Hatchepsout, son nom et ses représentations furent endommagés ou effacés en certains endroits. Ces interventions sont souvent associées au règne de Thoutmosis III, mais leurs causes et leur chronologie restent débattues. Des considérations politiques et dynastiques ont pu influencer la manière dont sa mémoire fut traitée.

Au fil des siècles, le temple perdit progressivement sa fonction d’origine. Certaines parties furent endommagées par l’érosion, les effondrements et le réemploi des pierres. À l’époque chrétienne, des moines occupèrent le site, ce dont témoigne le nom moderne de Deir el-Bahari. Les fouilles archéologiques et les restaurations ont permis de mieux comprendre le projet architectural et de préserver une grande partie du monument.

Le temple aujourd’hui

Le temple est aujourd’hui l’un des sites majeurs de la rive ouest de Louxor. Il appartient au bien du patrimoine mondial de l’UNESCO « Thèbes antique et sa nécropole », inscrit en 1979. Avec la Vallée des Rois, la Vallée des Reines et d’autres monuments, il éclaire la vie religieuse et politique de l’ancienne Thèbes.

Les visiteurs peuvent emprunter les rampes, découvrir les colonnades et les reliefs, et observer l’intégration du bâtiment dans son paysage spectaculaire. Les terrasses inférieures offrent une vue particulièrement saisissante sur la façade symétrique et la falaise qui la domine. Prévoyez assez de temps pour examiner les scènes décoratives conservées.

Accès et conseils de visite

Le temple se trouve à Deir el-Bahari, sur la rive ouest de Louxor. On y accède généralement en voiture, en taxi ou dans le cadre d’une excursion sur la rive ouest. La visite est souvent combinée avec la Vallée des Rois, les Colosses de Memnon et d’autres sites archéologiques.

Une visite tôt le matin est souvent plus agréable et offre une belle lumière pour les photos. En été, la chaleur peut être intense : prévoyez de l’eau, un chapeau, de la crème solaire et des chaussures confortables. Vérifiez les horaires, les tarifs et les conditions d’accès avant le départ. Le temple intéressera particulièrement les visiteurs passionnés d’architecture antique et d’histoire d’Hatchepsout.

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